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Derrière le rire, une mécanique cognitive : La théorie de l’Incongruité-Résolution

Chaque 1er avril, le paysage médiatique est saturé de fausses annonces, de produits absurdes et de blagues osées. Pour le grand public, c’est un divertissement. Pour vous, communicants et créatifs, c’est l’un des exemples les plus purs d’un mécanisme fondamental de la cognition humaine : la Théorie de l’Incongruité-Résolution.

Pourquoi rions-nous ? Pourquoi nous souvenons-nous mieux d’une publicité absurde que d’une promotion classique ? La réponse ne se trouve pas dans la blague elle-même, mais dans la manière dont notre cerveau traite l’information.

1. Qu’est-ce que l’Incongruité-Résolution ?

Développée initialement par le chercheur Jerry Suls en 1972, cette théorie postule que l’humour résulte d’un processus en deux étapes :

  1. L’Incongruité : Le sujet rencontre un stimulus (une image, une phrase, une annonce) qui ne correspond pas à ses attentes ou à ses schémas cognitifs habituels.
  2. La Résolution : Le sujet trouve une règle ou un contexte (souvent caché au départ) qui permet de donner un sens à cette anomalie.

Si l’incongruité est résolue, l’individu perçoit alors un sentiment de satisfaction. Si elle reste sans explication, le cerveau ressent de la confusion ou de l’agacement.

2. Le cerveau : un moteur de prédiction infatigable

Pour comprendre pourquoi les marques jouent sur ce terrain, il faut comprendre le codage prédictif. Notre cerveau n’est pas un spectateur passif de la réalité ; il tente de la prédire en permanence pour économiser de l’énergie.

  • Quand vous voyez une publicité pour une banque, vous prédisez du sérieux, des chiffres, de la sécurité.
  • Si cette banque annonce soudainement qu’elle ouvre une friterie drive-in, votre système de prédiction génère une “erreur de prédiction”.

Cette erreur agit comme un coup de fouet attentionnel. Elle force le cerveau à sortir du mode “pilote automatique” pour engager une analyse consciente.

3. Le “shoot” de la résolution : pourquoi c’est addictif

Aussi appelé le « Ahah moment », c’est l’instant où le spectateur réalise enfin que : “Ah, c’est un poisson d’avril !” et saisi l’humour derrière l’incongruité.  

Sur le plan cognitif, la résolution d’une énigme active le circuit de la récompense. Le passage de la tension (confusion) à la détente (compréhension) libère de la dopamine.

Le cerveau adore apprendre et résoudre des problèmes. En offrant une énigme facile à résoudre, la marque associe son image à un sentiment de gratification intellectuelle. L’utilisateur ne subit plus la publicité, il participe activement à sa compréhension.

4. Pourquoi est-ce une stratégie gagnante pour les marques ?

Au-delà de la simple blague, les communications du 1er avril permettent de travailler trois piliers de l’impact publicitaire :

  • La Mémorisation : L’effort cognitif fourni pour résoudre l’incongruité crée une trace mnésique beaucoup plus profonde qu’une exposition passive.
  • L’Engagement : En sciences cognitives, la “Violation Bénigne” (une règle brisée sans danger) humanise la marque et renforce le lien avec le spectateur.
  • La Viralité : On partage naturellement ce qui nous a procuré une surprise résolue, car c’est une manière de tester la complicité cognitive de notre propre réseau.

5. Les limites de l’humour

Bien évidemment, il existe une limite à cette approche.

Pour que le mécanisme fonctionne, l’incongruité doit être résoluble. Si la blague est trop proche de la réalité, ou si elle touche à des sujets trop sensibles, le cerveau reste en phase de doute ou de dissonance cognitive.

Au lieu de la dopamine, c’est le cortisol (stress) qui prend le dessus. La marque n’est plus perçue comme complice, mais comme trompeuse.

L’expertise Impact Mémoire

Analyser une publicité à travers le prisme des sciences cognitives, c’est s’assurer que l’incongruité proposée est assez forte pour capter l’attention, mais assez fluide pour être résolue positivement.

Le 1er avril nous rappelle que pour marquer les esprits, il ne faut pas seulement “parler” à ses clients, il faut faire “jouer” leur cerveau, les impliquer et les engager. Et c’est exactement ce que nous mesurons chaque jour pour optimiser l’efficacité de vos campagnes.

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